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Les travailleurs et les travailleuses vivent un déclassement inédit. Carburant, produits
alimentaires, loyers, gaz, électricité… tout augmente sauf les salaires et les pensions.
L’augmentation du prix de l’alimentation est loin d’être répercutée sur les prix payés au
producteurs agricoles. Alors que les deux bouts de la chaîne se paupérisent, les profits des
grands groupes alimentaires explosent. Notre pays est au bord de la récession et les plans
de licenciements se multiplient dans l’industrie comme dans le commerce ou les services,
40000 petites fermes ont disparu en 3 ans.
Pourtant, le gouvernement dans son projet de budget aggrave encore la situation en
s’attaquant notamment aux plus précaires et aux malades en gelant les prestations sociales
et en réduisant le rôle protecteur de la sécurité sociale. Il baisse aussi les moyens de nos
services publics et gèle le salaire des fonctionnaires. Face aux défis climatiques et
technologiques qui nous attendent, une politique industrielle n’est plus une option.
La mobilisation des lycéen·nes et des étudiant·es est légitime. Leur colère, leurs inquiétudes
et leurs revendications doivent être entendues et prises en considération. Les jeunes doivent
pouvoir grandir, apprendre, se former, construire leur avenir et dans des conditions dignes.
Nos organisations partagent les revendications pour de meilleures conditions d’étude et
davantage d’égalité. Nous soutenons le droit des lycéen·nes et des étudiant·es à se
mobiliser, à manifester et à se réunir pacifiquement, librement et en sécurité.
La liberté de manifester est un droit démocratique fondamental. Elle ne peut être remise en
cause par des restrictions répétées ou des interventions policières disproportionnées comme
cela a été le cas à Limoges le 24 octobre.
De plus, la présence signalée, filmée, de groupes d’extrême droite, de milice, identifiable par
des brassards blancs en connivence avec la police, doit faire l’objet d’une vigilance
particulière et d’éclaircissements de la part des autorités.
Que ce soit dans les médias, par les élus, par les dirigeants de clubs de sport ou par le
président de la CCI 87, présenter les manifestant-es et/ou les personnes syndiquées comme
des menaces, c’est entretenir la défiance envers celles et ceux qui exercent leurs droits
fondamentaux.
Nous demandons :
– L’ouverture immédiate dans toutes les entreprises et dans toutes les branches de
négociations pour augmenter les salaires et réaliser l’égalité salariale Femmes –
Hommes
– L’augmentation des pensions des retraités, pour le régime de base comme pour les
retraites complémentaires AGIRC ARRCO
– L’augmentation de la valeur du point d’indice des fonctionnaires et des mesures de
revalorisation des carrières de la fonction publique
– L’augmentation du SMIC et de toutes les aides sociales (APL, allocations familiales,
bourses étudiantes, RSA…)
– Une planification environnementale et industrielle pour relocaliser et décarboner
notre industrie. Des moyens pour lutter contre le réchauffement climatique et adapter
notre société : isoler les bâtiments, végétaliser les villes, développer les transports
collectifs décarbonés
– Stopper l’hémorragie de nos services publics en augmentant les moyens pour
préparer l’avenir, former les jeunes, soigner et accompagner nos aînés et faire face au
dérèglement climatique
– Des mesures de justice fiscale pour taxer les patrimoines, les héritages et les
dividendes.
– L’évaluation, le conditionnement et le redéploiement des 211 milliards d’aides
publiques aux entreprises.
– un encadrement des marges dans le secteur agro-alimentaire et de la grande
distribution afin d’éviter la spéculation et l’inflation alimentaire pour permettre des
prix rémunérateurs aux agriculteurs.
Les organisations syndicales alertent solennellement le gouvernement et le patronat. La
colère est immense. La situation du pays est fragile. Il faut sans attendre répondre aux
urgences sociales et environnementales.
Nos organisations syndicales appellent l’ensemble des salarié.e.s du public
comme du privé, des jeunes et des retraité.e.s à faire grève et manifester le
jeudi 5 novembre prochain.
Organisations signataires :
UD CGT 87 – UD CFDT 87 – FSU 87
SE-UNSA 87 – Solidaires 87 – Confédération Paysanne 87
Limoges le 2 / 11 / 2026
